La ferme d'Orvilliers à l'horizon 2050: "Jamais ne vient demain s'il ne rapporte du pain" (Orvilliers, Beauce, hiver 2016)
avec Juliette Charpentier-André

Exploitation céréalière d’Orvilliers et esquisse d'un scénario de son développement pour l’année 2050.
Avec une population française de 73 millions d’habitants (estimation) à l’horizon 2050, l’agriculture endossera un rôle clef dans le bon fonctionnement de notre société dans ses aspects alimentaires, économiques, écologiques et finalement paysagers. Le monde agraire devra s’adapter aux évolutions de certains facteurs tels que le changement climatique, l’émergence de nouveaux modes de consommation ou encore l’urbanisation généralisée qui renforcera probablement l’attractivité de ces territoires.
Malgré l’ambition première d’explorer avec la plus grande justesse les potentiels de l’agriculture, il semble que l’exercice de prospective nous en apprenne moins sur le futur que sur la manière dont on se le figure au présent et les attentes que l’on en a, permettant d’explorer l’imaginaire contemporain lié à la production agricole du futur.

^ Le plateau entre Germainville, Broué et la Chapelle-Forainvilliers aujourd'hui
^ Le plateau entre Germainville, Broué et la Chapelle-Forainvilliers à l'horizon 2050
^ Le domaine de la ferme d'Orvilliers aujourd'hui
^ Le domaine de la ferme d'Orvilliers à l'horizon 2050
^ La ferme d'Orvilliers aujourd'hui
^ La ferme d'Orvilliers à l'horizon 2050
^ Parcelles à l'intérieur du domaine à l'horizon 2050
^ Parcelles en lisière du domaine à l'horizon 2050
^ Conclusion


Chaque jour sur leurs terres beauceronnes, les frères Pelletier mettent en oeuvre une réinterprétation des pratiques afin de rendre l’agriculture plus efficace et ce à long-terme.
Sans prétendre proposer « le » plan de développement de cette exploitation, nous avons tenté à partir de nos connaissances respectives et du projet holistique de ces jeunes agriculteurs d’élaborer un scénario réalisable. Sans maîtrise de tous les outils et de toutes les données, notre scénario propose une évolution possible, questionnant tous les éléments partie prenante de la transition. Cette transition n’engage pas selon nous de révolution et ne doit pas dériver en une industrialisation ni en une détérioration des liens à la terre et au territoire. Au-delà des composantes techniques, ce type de prospective questionne fondamentalement la place de l’humain au sein de l’agriculture de demain.
Notre ambition a été celle de se baser sur des sources et perspectives aussi sûres que possible, sans pour autant prétendre balayer la composante « fictionnelle » de notre scénario. Ce projet consiste en partie en la translation de nos peurs et espérances tirées des conclusions présentes de la science. Dans la prospection scientifique même il y a toujours quelque chose du ressort de la limite fine entre raisonnable et utopique, c’est le propre de toute anticipation. A cet égard, l’ingénieur, le paysagiste et l’architecte ont une responsabilité quant à l’avenir de ces projets à petite échelle qui sont comme des utopies susceptibles d’infléchir la réalité future.